Nous contacter

Marc GAUBERT a créé MAG Consultants en 2005 pour apporter une réponse objective aux projets télécom des Entreprises et des Collectivités Locales.


Marc GAUBERT

Au cours de ses 30 ans d'expérience en Entreprises, Marc GAUBERT a dirigé des équipes commerciales et réalisé des solutions concrètes d'exploitation et de développement.

Recommander

W3C

  • Flux RSS des articles

06 - Les Télécoms

Lundi 15 juin 2009
ToIP / VoIP : mythe ou réalité pour les PME ?
 
La téléphonie est souvent perçue comme une jungle technologique. Que recouvre réellement cette notion de ToIP ou VoIP ? Est-il important pour mon entreprise d’y recourir ? Quels bénéfices puis je en attendre ? Y a-t-il une similitude avec les offres VoIP grand public ?

(07/05/2009)
 
Une installation téléphonique d'entreprise représente une chaîne composée de plusieurs maillons qui pourrait être schématisée de la manière suivante :

La ToIP (ou Telephony over IP / Téléphonie sur IP) représente l'utilisation de maillons utilisant le protocole IP pour la partie interne de l'installation. Pour faire simple, le choix de téléphones IP (fixes ou sans fil Dect / IP ou wifi) représente donc de facto le choix d'une installation ToIP. La VoIP (ou Voice over IP / Voix sur IP) représente quant à elle l'utilisation du protocole IP pour l'acheminement externe des communications (sortantes et/ou entrantes).

Pour faire simple, le choix de recevoir ou d'émettre ses communications avec l'extérieur via un lien IP (Adsl, Sdsl, VPN) représente le choix d'une solution VoIP. On comprend donc pourquoi il est possible d'avoir une installation en ToIP sans avoir de la VoIP, et inversement.

Est-il important pour mon entreprise d'y recourir ?

Il convient de dissocier dans cette question les 2 aspects que sont la ToIP et la VoIP.
Au niveau de la ToIP, la durée moyenne d'utilisation d'une installation téléphonique étant supérieure à 6 ans, il est vivement conseillé d'opter dès à présent pour le poste téléphonique IP représentant la norme future.

En effet le poste téléphonique IP est en passe de devenir la norme actuelle. Donc au niveau de l'installation téléphonique interne, le choix de la ToIP ne se pose pas et s'impose aux décisionnaires de PME. Il s'impose d'ailleurs parfois techniquement en cas de dissociation géographique entre le poste téléphonique et le serveur de communications. Et ce d'autant plus que le choix de l'ancienne norme de postes téléphoniques (les postes numériques) enfermerait un client dans une configuration propriétaire défavorable à ses intérêts, tous les serveurs de communication vendus actuellement (PABX / IPBX) étant techniquement conçus pour se connecter avec des postes téléphoniques IP.

Au niveau de la VoIP, la réponse est déjà moins catégorique. En effet les liens IP permettant de faire de la VoIP présentent une fiabilité moindre que les liens Numeris Rnis et n'offrent aucune garantie de temps de rétablissement pour les liens Adsl à la différence des liens Rnis et Sdsl. De plus, le marché des opérateurs VoIP est en plein effervescence avec de nombreux acteurs, des offres souvent très attractives mais parfois opaques, une pérennité non assurée, des protocoles de connexion aux opérateurs multiples (même si le protocole SIP est en passe de devenir la norme indiscutable).

En clair, en optant pour une solution entièrement VoIP, on peut éventuellement obtenir des avantages décrits ultérieurement mais il faut bien vérifier les caractéristiques précises de l'offre souscrite qui peut révéler de nombreux pièges (garanties de continuité, durée d'engagement, conditions de calcul des coûts de communication par exemple). Sans compter qu'un lien IP non dédié exclusivement à la voix générera une qualité aléatoire dans les communications, en fonction de l'utilisation « data » du lien. Pour ces différentes raisons, nous recommandons généralement d'adopter progressivement la VoIP.

Quels bénéfices en attendre ?

Les bénéfices à attendre de la ToIP sont majoritairement axés sur la disponibilité de fonctionnalités avancées (autrefois hors de portée des PME) et sur des gains de productivité ou d'image associés, plus que sur des gains économiques. Ainsi, des fonctions telles que la messagerie vocale pour tous, l'accueil par serveur vocal interactif, l'utilisation de son téléphone fixe en mode nomade, le « click to dial » depuis son ordinateur (utiliser une fiche contact pour émettre un appel depuis son téléphone IP), la réception de messages vocaux dans sa boite mail sont ils des exemples de fonctionnalités génératrices de bénéfices pour les entreprises (souplesse, réactivité, productivité).

Des gains économiques directs sont aussi susceptibles d'être réalisés au travers de la ToIP par l'utilisation d'une prise RJ45 unique pour la connexion d'un poste téléphonique IP et d'un ordinateur.

Les bénéfices à attendre de la VoIP sont généralement liés aux gains économiques procurés par des économies de coûts et généralement mis en avant dans les offres commerciales (coûts des communications, coûts des abonnements). Il convient dans ce domaine d'être prudent compte tenu de l'état actuel du marché des opérateurs VoIP et des nombreux pièges qui émaillent certaines offres du marché. Il est cependant prévisible que le développement de la VoIP amènera des réductions de coûts, compte tenu des progrès constatés sur les liens IP Xdsl.
 
Y a-t-il une similitude avec les offres VoIP grand public ?

Il est fréquent d'entendre des décisionnaires de PME, habitués à l'utilisation des offres VoIP grand public, s'interroger sur la disponibilité d'offres de téléphonie gratuite pour leur téléphonie d'entreprise. Les différences entre une installation téléphonique personnelle (grand public) et une installation téléphonique d'entreprise sont majeures, à commencer par les besoins de fonctionnalités, de qualité des communications, de disponibilité ou de capacités techniques. Ainsi, même si les technologies utilisées en grand public sont similaires pour partie à celles utilisées en entreprise, il convient d'éviter tout amalgame avec les offres VoIP grand public.

Non, la téléphonie d'entreprise ne peut proposer d'offres de télécommunications professionnelles gratuites, ce qui est compréhensible au vu des investissements et couts d'exploitation inhérents. Au mieux, vous pouvez obtenir des forfaits de communication « illimités », forfaits qu'il conviendra toujours d'analyser à posteriori. Notre expérience d'audit télécoms nous a en effet bien souvent démontré que les coûts les plus élevés se cachaient derrière des forfaits paraissant très attractifs lors de la souscription !

Karim Sani - Président Directeur Général de Vokto, société de services IT et télécoms pour les TPE / PME.
Jeudi 28 mai 2009

ToIP : les entreprises veulent qualité de service et facturation claire


  Avis d'expert - En entreprise l’adoption de la téléphonie sur IP s’opère selon un rythme progressif imposé par des cycles technologiques. Dans une lettre de l’Arcep, Air Liquide et PSA Peugeot Citroën s’expriment sur leur migration.

 
L'Autorité de régulation des télécommunications (Arcep) consacre sa
lettre d'information de mars/avril au marché de la téléphonie et de la voix sur IP en entreprise. L'Arcep constate notamment une lenteur dans le basculement vers le tout-IP par rapport au grand public. Une migration à vitesse modérée qu'elle explique par les cycles technologiques régissant la vie de l'entreprise, dont la durée de vie des PABX, en moyenne de 5 à 7 ans.

Les incertitudes de l'IP, en termes de continuité de service notamment, sont un autre des freins à l'adoption de ces technologies de téléphonie. Les autocommunateurs (ou les architectures hybrides) devraient donc encore se maintenir en entreprise. Selon l'Arcep, le RNIS représente ainsi une corde de rappel amenée à subsister jusqu'à ce que les services de la téléphonie classique puissent être répliqués, à qualité de service équivalente, sur l'IP.

« Le retour sur investissement de cinq ans nous pousse à la prudence »

Quant au déclencheur des projets en matière de ToIP, il s'agit le plus souvent d'une volonté de diminuer les dépenses en télécommunications (via des IP-PBX ou des
services externalisés d'IP Centrex). Néanmoins, l'Arcep estime que le retour sur investissement de ces déploiements demeure encore complexe à quantifier.

Plusieurs grandes entreprises ont cependant déjà sauté le pas en France. C'est par exemple le cas d'Air Liquide pour qui les télécoms représentent chaque année environ 50 millions d'euros de budget (50% en données et 50% en voix). De plus, le groupe enregistre chaque année une croissance de ces volumes data et voix de 5 à 10%.

Pour accompagner cette croissance, Air Liquide est passé d'un modèle de gestion décentralisée au niveau des filiales (130 dans le monde) à une concentration progressive des centres de données et d'unification des solutions (réseau, messagerie, nomadisme).

« La mutualisation des moyens et la franchisation des services télécoms nous permet aujourd'hui d'accélérer les process métiers, et in fine l'accès au marché. La maîtrise des coûts à l'échelle du groupe est, elle, étroitement liée à la maîtrise des usages » explique Sylvain Roué, directeur réseaux et télécommunications d'Air Liquide.

« Les prix du roaming voix et data sont peu compréhensibles »

Du fait de la convergence des technologies, la multinationale entend basculer intégralement sur l'IP, de manière progressive cependant, selon un rythme de 5 à 7 ans. La migration n'est en effet pas sans poser certaines difficultés. Outre le virage vers un nouveau modèle d'organisation centralisée, Air Liquide doit composer avec la contrainte financière.

« Il faut un investissement minimum de départ : cela nécessite d'acquérir en central des équipements ToIP, d'investir dans le recâblage de certains sites vieillissants - la voix ne tolère pas les vieux câbles IP ! Au final, le retour sur investissement de cinq ans nous pousse à la prudence, et fixe les limites du modèle tout global » avertit Sylvain Roué.

Franck Cohet, responsable télécommunications, réseaux, voix et données pour PSA Peugeot Citroën relève lui un autre frein en France : la haute disponibilité. « La raison n'en incombe pas aux SLA mais à des difficultés techniques comme l'identification, sur la durée, des cheminements des liaisons opérateurs pour éviter les SPOF (point individuel de défaillance), ou celle de trouver des alternatives d'un rapport qualité/coût comparable à la passerelle X25, comme par exemple des réseaux privés virtuels (VPN) multi-opérateurs » constate-t-il.

Une entreprise présente à l'internationale se heurte à une deuxième difficulté : la complexité et l'hétérogénéité des facturations. « Les prix du roaming voix et data sont peu compréhensibles pour un trans-frontalier et le
Wi-Fi ne constitue pas encore une alternative facile. Il est tout aussi surprenant de constater des prix de boucles locales équivalents à ceux des liaisons intercontinentales associées » ajoute Franck Cohet dans la lettre de l'Arcep.

Lundi 30 mars 2009
Le protocole SIP, au cœur de la VoIP
 
Le protocole SIP est utilisé dans les télécommunications multimédia. Il est depuis 2007 le protocole le plus utilisé pour la téléphonie par Internet.

(20/02/2009)


Le terme "VoIP" ou son terme francophone «voix sur un réseau IP» est une technique qui permet de communiquer par la voix via l'Internet. La voix est diffusée via un mode point à point. L'établissement des connexions en voix sur IP utilise au moins deux protocoles : un pour la signalisation, un autre pour la transmission de la voix. Le SIP, acronyme de Session Initiation Protocol, se charge de la signalisation.

 
Le SIP

SIP est un protocole standard ouvert de gestion de sessions souvent utilisé dans les télécommunications multimédia (son, image, etc.). La session multimédia peut être un appel téléphonique entre deux équipements. Des messages sont ainsi envoyés, pour accepter ou refuser un appel, indiquer une occupation, pour l'identifier ou pour choisir un mode de compression (Codec) ... Les messages peuvent être beaucoup plus complexes en cas de transfert d'appel, de conférence...Le SIP normalise donc ces messages, leurs envois et leurs réponses. Le SIP définit également une architecture composée de 3 types d'équipements qui vont dialoguer en SIP : des Users Agents, des Registrar et des Proxy SIP. Les Users Agents désignent les agents que l'on retrouve dans les SIP, les softphones des téléphones et PDA ou les passerelles SIP. Ils envoient des requêtes gérées par des Registars pour signaler leur emplacement. Ces requêtes contiennent une adresse IP, associée à une URI (Uniform Ressource Identifier , une courte chaîne de caractères identifiant une ressource sur un réseau) qui seront stockées dans une base de données. Les Proxy servent d'intermédiaire entre deux User Agents qui ne connaissent pas leurs emplacements respectifs.

L'association URI-Adresse IP ayant été stockée préalablement dans une base de données par un Registrar, les proxy peuvent donc interroger la base de données. Pour comprendre la logique du SIP, il n'est pas inutile de s'intéresser à sa paternité. Il est défini par l'IETF (Internet Engineering Task Force, l'instance internationale en charge des protocoles de l'Internet) et sa philosophie est bien celle de l'Internet. D'ailleurs, le SIP présente de fortes similarités avec le Http (dont il partage par exemple les codes d'erreur). Les messages sont au format texte, il s'appuie sur les protocoles de l'Internet comme http ou SSL pour l'authentification, SSL, PGP, S/MIME pour le cryptage ou DNS SRV pour le partage de charge. Le SIP peut être assez déroutant lorsque l'on vient du monde de la téléphonie, car il se veut ouvert, simple et versatile et dépasse largement le cadre de la téléphonie. Son but est d'établir une session entre deux équipements (cette session pouvant transporter de la voix, de la vidéo, de la messagerie instantanée, de la réalité virtuelle...). Le SIP s'est ensuite enrichi pour pouvoir traiter les problèmes spécifiques de la téléphonie en ayant parfois recours à des artifices.
 

Les évolutions depuis le protocole H.323 et MGCP


Plus ancien que le SIP, le protocole de signalisation H323 est développé par l'ITU (International Telecommunication Union). Le H323 est issu des protocoles traditionnels (ISUP, ISDN) qui au cours des décennies n'ont cessé de se développer et de s'améliorer. Conçu pour être robuste et inter opérable il est parfaitement adapté à la téléphonie et à sa transition sur l'IP cependant, à la différence du SIP, il intègre moins d'informations et ne permet pas d'exploiter totalement la richesse de l'IP au travers de la convergence applicative. Le MGCP (Media Gateway Control Protocol) part d'une vision centralisée en mode client/serveur avec des équipements terminaux relativement simples et passifs, pilotés par des serveurs centraux. C'est par exemple le choix de certains FAI (fournisseurs d'accès Internet) pour leurs «box» de VoIP. Choix compréhensible s'agissant de réseaux propriétaires et de services standardisés mais qui ne reflète pas l'ouverture inhérente au protocole internet.
 

L'évolution du marché de la VoIP depuis quelques années

Après le déploiement massif de l'Internet à la fin des années 90, le marché de la VoIP est devenu beaucoup plus accessible. La multiplication des acteurs et des solutions a permis d'entraîner des économies d'échelle substantielles et les offres sont aujourd'hui très abordables. Le rapprochement des deux mondes que sont l'informatique et les télécoms a permis d'envisager et de créer une multitude de fonctionnalités. L'IP convergence génère un potentiel d'applicatifs infinis puisque la voix et la data passent désormais par des tuyaux identiques. La démocratisation des offres de VoIP pour les particuliers a permis également d'évangéliser le marché. En effet, la conception très aboutie des offres s'est inscrite dans une démarche de qualité, souvent supérieure à celle de la téléphonie classique, ce qui a évidemment contribué à rassurer les utilisateurs.

On constate finalement que le marché a évolué de façon classique. La pénétration s'est d'abord faite via les grands comptes professionnels, ensuite au travers du grand public et enfin des opérateurs qui se tournent désormais vers le marché des PME et des TPE.

La VoIP correspond à une véritable transformation des télécommunications. On ne parle plus de ligne téléphonique mais de compte lié à un identifiant (comme une adresse mail) auquel on ajoute des services comme la téléphonie, la visioconférence, la messagerie...). Tout cela indépendamment du réseau d'accès (IP), de la localisation ou du type de terminal. Les plates-formes de services peuvent être localisées n'importe où (réparties ou centralisées) le transport et le routage étant de la responsabilité exclusive du réseau (TCP/IP). On mesure l'évolution au regard d'un réseau de téléphonie classique transportant la voix de d'autocommutateur en autocommutateur, ces derniers devant chacun d'eux disposer d'informations de routage (tranches de numéros) et de service. Face à ce bouleversement, le SIP de part sa philosophie et ses origines (issu du monde IP) tire naturellement le meilleur parti de ce changement de paradigme.

En d'autres termes, les qualificatifs du H323, robustesse, exhaustivité, ne paraissent pas, sur le long terme, de nature à rivaliser avec ceux du SIP, simplicité, ouverture, évolutivité, modularité.
 

L'avenir pour le protocole SIP

Le SIP évolue, de nouvelles extensions sont régulièrement disponibles (par exemple la RFC 5263 pour gérer la présence). Il n'est pas impossible que le SIP devienne rapidement l'unique protocole de VoIP disponible sur les terminaux, car on ne lui voit plus aujourd'hui de réel concurrent. Les raisons qui ont fait du TCP/IP le protocole de communication par excellence, pourraient faire du SIP le grand vainqueur du monde de la téléphonie sur IP. A titre d'exemple, Microsoft a choisi le SIP pour ses produits de communication d'entreprise (Office Communication Server). Alcatel fait de même sur ses PABX, France Télécom sur ses Livebox et Google, qui sur la version bêta de Google Talk utilise un protocole de messagerie instantanée (XMPP/Jabber), annonce se préparer à supporter le SIP. Il semble donc que le marché ait fait son choix en balayant toutes les controverses d'experts. Toutefois, on ne peut ignorer le protocole propriétaire utilisé par Skype.

Il présente une innovation majeure, les informations concernant les utilisateurs, listes d'amis, préférences sont réparties sur de très nombreux serveurs selon un mode peer to peer. Il y aurait beaucoup à dire sur l'intérêt d'appliquer un principe de P2P à la téléphonie en termes d'avantage, de robustesse et de confidentialité. Toutefois, dans un monde de réseaux ouverts, normés et documentés, le protocole de Skype s'apparente à un continent fermé face à la montée des eaux. Mais le SIP n'est pas le protocole ultime, d'autres sont à l'étude, l'un des plus prometteurs étant l'AMS (Advanced Multimedia System). L'AMS a une ambition plus vaste, il vise à définir une architecture technique permettant par exemple, des partages d'applications ou l'adaptation du contenu aux terminaux. Il utilisera probablement le très versatile XML comme protocole de signalisation.

Partageant une grande part de la philosophie du SIP, on pourrait le considérer comme son successeur légitime. Keyyo s'est d'ailleurs largement inspiré des travaux sur l'AMS pour la répartition de ses serveurs de services et la mise en place de leur redondance. Promu par l'ITU, ce protocole ne sera pas normalisé avant plusieurs années.
 

La présence des acteurs Skype et Dooper dans les entreprises

Une entreprise doit étudier toutes les offres du marché et choisir celle qui répond précisément à sa demande. Une solution comme Skype par exemple apparaît comme un service ponctuel sur laquelle elle peut se reposer de manière occasionnelle. Le principe est intelligent mais peut être inadapté dans le cadre d'un schéma classique où l'entreprise a besoin de s'appuyer sur un standard téléphonique avec des numéros d'appels et une gestion des appels entrants et sortants que ce type d'opérateurs ne propose pas.
 
Silvère Baudouin
Lundi 9 mars 2009

ERP, CRM, BI : les communications unifiées
s'infiltrent dans les applications métiers

 

Relation client, Business Intelligence ou encore gestion intégrée, les communications unifiées intégrées à ces outils permettent aujourd'hui d'améliorer la productivité. Reportage au centre de recherche IBM de La Gaude.


la téléprésence couplée à un logiciel de cao permet des réunions de travail
 
La téléprésence couplée à un logiciel de CAO permet des réunions de travail efficaces. ©  Guillaume Serries / Journal du Net
 

 


Via un système de téléprésence, deux équipes de recherches situées en France et aux Etats-Unis inspectent simultanément le résultat d'un crash test sur une image en 3D.

L'image est placée sur un serveur distant, et peut être manipulée par les deux équipes.

Ce type de système de téléprésence pourrait également être utilisé dans le domaine médical, avec des progiciels de santé.

 

Gérer les ruptures de stock en magasin

les antennes rfid enregistrent le passage des produits marqués sur la palette.
 
Les antennes RFID enregistrent le passage des produits marqués sur la palette. ©  Guillaume Serries /Journal du Net
 

 

L'intégration des outils de communication unifiées aux outils de gestion des stocks permet d'avertir en temps réel les personnes concernées par ces problématiques.

Concrètement, quand une palette de produits taggés en RFID quitte l'espace de stockage d'un magasin, les antennes RFID enregistrent ce mouvement.

Relié au logiciel de gestion de stock du magasin, ce système permet de remonter directement l'information de risque de rutpure de stock, la dernière palette de ce produit quittant la réserve.

C'est là que les communications unifiées entrent en scène.


Organiser directement une conférence téléphonique

l'information de rupture de stock déclenche une conférence téléphonique.
 
L'information de rupture de stock déclenche une conférence téléphonique. ©  Guillaume Serries / Journal du Net
 

 

Averti par le système de gestion des stocks du risque de rupture de stock, le gestionnaire de communications unifiées prend alors le relai.

Il est alors possible d'organiser automatiquement une conférence téléphonique entre le responsable des stocks et le directeur du magasin.

Si ces derniers ont besoin d'un avis supplémentaire, celui du fournisseur par exemple, il leur est possible d'aller plus loin.

Ils peuvent appeler depuis l'interface de gestion des communications unifiées située sur l'ordinateur un autre correspondant qui se joindra à la conférence téléphonique depuis son téléphone mobile.


Trouver ses produits par téléphone

les communications unifiées peuvent également servir au commerces en s'intégrant
 
Les communications unifiées peuvent également servir au commerces en s'intégrant à leur CRM. ©  Guillaume Serries / Journal du Net
 

 

Dans ce magasin factice, installé dans le centre de recherche d'IBM, un système complet de communications unifiées se greffe au CRM, le système de gestion de la relation client.

Les produits à vendre sont équipés de tags RFID qui permettent de connaître localisation, en stock ou en rayon.

Les cabines d'essayage sont elles aussi pourvues de capteurs et d'écrans. Ces derniers, reliés au système de gestion des stock, permet aux clients de consulter les produits disponibles.

Les communications unifiées complètent ce dispositif, reliant les téléphones portables des clients et des employés aux progiciels utilisés.


Fluidifier la relation avec le client

la réservation de vêtement peut se faire par téléphone.
 
La réservation de vêtement peut se faire par téléphone. ©  Guillaume Serries / Journal du Net
 

 

Le client du magasin, peut alors utiliser son téléphone pour trouver un produit qu'il souhaite acheter sur le site Internet du magasin.

Il lui sera également possible de savoir dans quel magasin le plus proche de l'endroit ou il se trouve, il pourra acheter le produit en question.

Une fois décidé, le client peut réserver son produit directement depuis son téléphone, et recevoir un plan pour se diriger vers le magasin en question.

Une fois sur place, il pourra envoyer un SMS au responsable du magasin pour lui indiquer son arrivée.

Ce dernier pourra alors aller chercher l'article dans la réserve, et le présenter au client.


Les communications unifiées se greffent à la Business Intelligence

les communications unifiées peuvent appuyer la bi.
 
Les communications unifiées peuvent appuyer la BI. ©  Guillaume Serries / Journal du Net
 

 

Ici couplé à un système de Business Intelligence Cognos, les outils de communication unifiée permettent de rendre plus réactif les personnes compétentes en cas de rapport alarmant.

Ici, un responsable reçoit un rapport Cognos, rapport qu'il peut partager depuis Lotus Notes avec un des ses collaborateurs. Dans le même temps, les deux employés communiquent via une conférence vidéo.

Afin d'affiner l'analyse, un expert peut être appelé sur son téléphone mobile. Ce dernier bénéficiera alors uniquement du flux sonore.


L'unification des communications sur le même espace de travail

les messages téléphoniques et emails peuvent être gérés depuis la même
 
Les messages téléphoniques et emails peuvent être gérés depuis la même interface. ©  Guillaume Serries / Journal du Net
 

 

 Mais les communications unifiées permettent aussi de fonctionner en mode asychrone, c'est à dire avec des outils tels que les emails et les messages SMS ou vocaux.

Ainsi, si un collaborateur ne peut être joint instantanément, il pourra toujours consulter les informations qui lui ont été communiquées depuis son ordinateur ou son téléphone.

Un message vocal sera lu sur l'ordinateur directement depuis l'interface (voir photo), mais un email pourra également être écouté sur son téléphone portable grâce à la version text to speech.

 

Des clients comme Dassault Sytèmes, Airbus, ou Virbac

le centre de recherche de communications unifiées ibm de la gaude.
 
le centre de recherche de communications unifiées IBM de La Gaude. ©  Guillaume Serries / Journal du Net
 

 

Situé sur le site IBM de La Gaude, près de Nice, le centre de recherche sur les communications unifiées travaille sur l'intégration des techniques de communication unifiées aux outils de production utilisés dans les entreprises

L'ensemble de ces démonstrations permet aux DSI et aux responsables métiers de comprendre comment les communications unifiées peuvent s'intégrer directement à leurs progiciels, et améliorer la productivité.

Ce type de projet d'intégration des communications unifiées a été mis en place dans des entreprises aussi diverses que Dassault Systemes, Airbus, ou encore Virbac, une entreprise de produits vétérinaires.

Lundi 19 janvier 2009
Quand et comment les entreprises migrent-elles vers IP, et pour quels avantages ?

 
La migration vers le tout IP a souvent lieu dans le cas d'une modernisation de l'existant, lorsque l'ancienne installation est jugée obsolète ou arrive en fin de contrat, ou dans le cas de la création d'un nouveau site.
(02/12/2008)

La migration d'une infrastructure de téléphonie vers le tout IP a souvent lieu dans le cas d'une modernisation de l'existant, lorsque l'ancienne installation est jugée obsolète ou arrive en fin de contrat, ou encore dans le cas de la création d'un nouveau site : il peut s'agir d'un déménagement, mais aussi d'une réfection ou de la création de nouveaux locaux.


Un déménagement peut-être l'occasion de mettre en place de nouvelles méthodes de travail au sein de l'entreprise. Dans ce contexte, les apports de la ToIP sont multiples : télétravail et télé présence, travail collaboratif, bureaux partagés, mobilité, communications unifiées, mutualisation des ressources (par exemple accueil téléphonique), etc. Même si l'entreprise ne prévoit pas d'exploiter immédiatement l'ensemble de ces fonctionnalités, une solution de ToIP permettra généralement d'implémenter ultérieurement celles-ci à moindre coût.

L'ouverture et l'interopérabilité sont d'ailleurs des caractéristiques fondamentales pour le choix de la solution : elles permettent par exemple de réutiliser tout ou partie d'un parc de téléphones existant, d'intégrer des équipements spécialisés qui ne font pas nécessairement partie du catalogue du fournisseur (par exemple, postes téléphoniques étanches) ou encore de développer des interfaces avec les applications métier de l'entreprise.

La ToIP permet également de réaliser des économies substantielles en matière d'infrastructure (réseaux voix/données convergés, câblage, etc.). Une entreprise qui supervise l'aménagement de ses futurs locaux aura donc tout intérêt à adopter cette technologie. Les contrats avec les opérateurs sont souvent renégociés à la faveur d'un déménagement, ce qui permet aux entreprises de bénéficier de nouveaux services et de meilleurs tarifs (raccordements IP, mutualisation des accès dans le cadre d'une entreprise possédant plusieurs implantations, etc.). La consolidation des infrastructures voix/données permet également de simplifier considérablement les tâches d'administration et de supervision.

Les exigences en matière de développement durable ont aussi leur rôle à jouer : plusieurs bâtiments "verts" ont déjà vu le jour. De nombreuses entreprises souhaitent désormais s'engager dans une démarche écologique et retiennent ce critère pour sélectionner leurs fournisseurs. La ToIP s'inscrit naturellement dans ce contexte en favorisant le développement du télétravail (réduction des émissions de CO2) et les économies d'énergies (consommation électrique et frigorifique). A titre d'exemple, la mise en place de postes de travail convergés de type "client léger" associant informatique et téléphonie permet de diviser par dix la facture d'électricité. L'économie sera d'autant plus substantielle que l'entreprise compte un nombre important de salariés.

Sur le plan économique, l'adoption des bureaux partagés permet également de réduire le coût de l'immobilier. Selon une étude récente, le coût annuel moyen d'un poste de travail en France est d'environ 10.000 euros (Source Les Échos / Étude IPD). Dans ce contexte, il est essentiel de définir clairement en amont l'intégralité des paramètres à prendre en compte pour les calculs de rentabilité, à savoir les coûts d'investissement et d'exploitation, mais aussi les gains de productivité... qui sont plus délicats à évaluer.

La taille de l'entreprise est un facteur déterminant qui oriente souvent le choix de la solution. Les entreprises qui ne disposent pas d'un service informatique étoffé (cas de la majorité des TPE) se tourneront plus naturellement vers une solution intégrée et privilégieront la simplicité de mise en œuvre et l'ergonomie des fonctionnalités, de l'administration et de la supervision. Elles peuvent également être tentées par une approche hébergée ou de type "Centrex". Le rôle du facteur économique (coût de la solution) varie aussi en fonction du segment de marché (TPE, PME, grandes entreprises). Le profil de l'entreprise intervient également, les entreprises à forte composante technologique ayant plus naturellement tendance à adopter la ToIP.

Enfin et contrairement aux idées reçues, la ToIP améliore significativement la sécurité et la disponibilité de la téléphonie dans l'entreprise. A l'inverse d'un système de téléphonie "traditionnel", par nature entièrement centralisé (toutes les communications téléphoniques sont "commutées" par un seul et même équipement), les solutions de ToIP permettent de dupliquer les systèmes nécessaires à la gestion de la téléphonie et de les répartir dans le système d'information de l'entreprise.

En termes de sécurité et de disponibilité, ce type d'infrastructure présente de nombreux avantages, notamment celui de pouvoir installer le matériel dans des locaux différents et/ou sur plusieurs sites. Ceci limite le risque de voir survenir une panne totale du système du fait d'une catastrophe (inondation, incendie, etc.) et permet de minimiser les conséquences d'une coupure d'alimentation ou d'un incident réseau. De plus, les systèmes distribués sont moins susceptibles d'être affectés par un acte malveillant (vandalisme, piratage informatique, virus informatique, etc.).

Lundi 12 janvier 2009
Téléphonie IP : réduire ses frais avant tout

 
© Getty Images
 
Encore souvent au stade de l'expérimentation, La ToIP suscite toujours l'intérêt des entreprises, espérant réaliser des économies. Retour sur les principaux résultats de l'enquête menée par Solucom.

Réalisé par Dominique FILIPPONE, Journal du Net 16/12/2008
 

Expérimenter n'est pas jouer

 

En 2008, trois-quarts des entreprises ont dans leurs cartons ou bien déjà déployé un projet de ToIP (Telephony over Internet Protocol), soit une augmentation de 3 points par rapport à l'année dernière. Si l'on s'intéresse de près aux déploiements en cours ou finalisés, on remarque qu'ils sont en constante progression depuis 2006.

 

Alors qu'à cette époque 19% des entreprises en étaient à ce stade de maturité, en 2007 et 2008 leur proportion à grimper respectivement à 20% puis 29% aujourd'hui. Du point de vue des grands comptes (+ 2 000 salariés), 42% se déclarent être actuellement en phase de déploiement et seulement 6% d'entre eux n'envisagent pas d'adopter la ToIP.

Les gains financiers toujours en première ligne

 

Parmi les principaux bénéfices attendus de la mise en place de la ToIP, la volonté de dégager des économies arrive en tête. Loin devant l'optimisation de l'exploitation de la téléphonie, la possibiité de mettre en oeuvre la convergence fixe/mobile ou encore d'apporter une meilleure efficacité opérationnelle grâce aux nouvelles fonctionnalités proposées.

 

D'une année sur l'autre, la volonté de dégager des économies grâce à la ToIP préoccupe encore plus les entreprises. Alors qu'elles étaient 69% en 2007 à indiquer que le plus grand bénéfice pour elles était lié aux économies réalisées, elles sont désormais 73% à le penser.

 

 

Convergence fixe-mobile et messagerie unifiée tiennent la corde

 


Enrichir l'expérience utilisateur et simplifier l'administration réseaux tout en permettant de générer des économies. Tous ces atouts, les entreprises les ont bien perçus car elles placent la convergence fixe-mobile au coeur de leurs préoccupations.

 

Pour autant, d'autres services et fonctionnalités demeurent importants à leurs yeux, notamment la messagerie unifiée et - mais dans une moindre mesure - la visioconférence. A noter : la messagerie unifiée reste davantage plébiscitée par les grands comptes (71%) plutôt que par les PME (48%) qui doivent sans doute moins avoir à y gagner en termes d'économie d'échelle.



Une transition en douceur plutôt qu'un passage à l'acte douloureux

 

Près de la motié des entreprises (47%) ont actuellement un pied à l'étrier dans le domaine de la convergence fixe-mobile. Ces dernières sont en effet soit en phase opérationnelle, d'expérimentation ou bien - et c'est la grande majorité des cas - en train d'étudier de près la question.

 

L'un des premiers bénéfices liés à la convergence fixe-mobile se trouve être l'opportunité de réduire les coûts de communication (65%). A l'inverse, l'une des principales difficultés auxquelles les entreprises sont confrontées est relative à une plus forte dépendance vis-à-vis de leur opérateur télécom.

Haro sur les frais de communications

 

 

Les entreprises peuvent attendre de la ToIP qu'elle leur permette de réduire les dépenses liées à leur opérateur (réduction sur les communications et les abonnements), infrastructures (économies sur les équipements et le câblage réseaux) ou encore sur leur personnel au travers de l'augmentation des gains de productivité et de l'optimisation des équipes d'exploitation.

Par rapport à 2007, la part des entreprises qui recherchent à réaliser des économies sur leurs frais de communications a par ailleurs sensiblement augmenté, en passant de 62% à 70% en 2008. A l'inverse, certains postes d'économies apparaissent cette année en retrait, comme ceux liés aux équipements auxquels seulement 10% des entreprises s'intéressent contre 27% l'année dernière.

La sécurité, simple épine dans le pied des projets ToIP

 

 

Toutes tailles confondues, les principales difficultés auxquelles sont confrontées les entreprises dans le cadre de leur projet de ToIP sont liées à la mise à niveau de leurs infrastructures réseaux et de leurs équipements existants. Cela étant, grands comptes et PME divergent sensiblement dans l'appréciation des freins au déploiement de la ToIP : alors que 70% des PME considèrent la mise à niveau de leurs infrastructures comme un obstacle majeur, cela ne concerne que 49% des grands comptes.

 

Petites ou grandes entreprises ne sont cependant pas prêtes à sacrifier les performances de leur téléphonie sur l'autel de la réduction des coûts. Ainsi, alors qu'elles étaient 38% à y penser en 2006, elles n'étaient plus que 16% à être concernées en 2007 contre 7% cette année.

 

Les intégrateurs réseaux en pole position pour fournir la ToIP

 

 

Pour les entreprises comptant au minimum 500 personnes, le recours à un intégrateur réseaux demeure un intermédiaire efficace pour assurer la réussite de leur projet de ToIP.  En revanche, ce n'est pas le cas des PME (entreprises comprenant entre 200 et 499 salariés) pour lesquelles l'appel à un opérateur de téléphonie constituera un réflexe quasi naturel.

En revanche, l'enquête de Solucom a pu mettre en avant la cassure du mouvement amorcé l'année dernière vers la gestion de la ToIP externalisée. Ainsi, alors que 24% des entreprises affichaient en 2007 leur volonté de confier tout ou partie de leur téléphonie à un prestataire externe, elles ne sont plus que 21% à y songer sérieusement.

En savoir plus

Méthodologie

L'enquête ToIP 2008 : continuité, clivage et convergence a été menée par le groupe Solucom, spécialisé dans le conseil et l'intégration de solutions réseaux, sécurité et télécoms, en partenariat avec l'agence marketing Arcome. Un échantillon représentatif de 402 entreprises a été constitué et leurs réponses ont été recueillies par téléphone ou entretien in situ entre les mois d'avril à mai 2008.

 

ippic

Voix sur IP: 5 points à améliorer

Communications blanches, son dégradé, parasitage, coupure de mots, perte de conversation ; la voix sur IP reste encore loin de l'analogique. En cause, la qualité des outils.

En 2008, 46% des PME françaises s'ouvrent à la VoIP

Une étude Idate met en avant l'utilisation de plus en plus fréquente par les PME de la VoIP et de la ToIP. Du système box à l'IPBX, c'est véritablement la communication unifiée qui s'implante dans ces entreprises.

L'IPBX, au centre de la convergence IP

Appliance aux multiples noms, l'IPBX demeure l'outil de communication privilégié des entreprises. Les différents acteurs du marché pourraient s'unir avec des standards communs.

Lundi 1 décembre 2008

Huit critères pour choisir entre centrex et IP-PBX

Technologie - Synonyme d'hébergement et de mutualisation, le centrex n’a pas encore rencontré le succès, mais les grands opérateurs pourraient changer la donne. Toute PME doit désormais se poser la question du choix entre cette formule et celle de l'IP-PBX.

1 - Pérennité de la solution : les grands opérateurs rassurent

Le marché des centrex IP a été initié par des petits acteurs tels que B3G, IC Telecom, Acropolis, Alter Telecom, Keyyo Business ou Celeste qui, bien qu'ils affirment être en pleine santé, ne peuvent inspirer la même confiance que les grands opérateurs. Ceux-ci sont toutefois arrivés tardivement sur le marché. SFR a lancé son service il y a moins d'un an.

Orange est présent depuis plus de deux ans, mais commence seulement à mettre son offre en avant. « Nous allons élargir son audience en complétant la vente directe par des canaux indirects », signale Guillaume Boudin, responsable du département marketing data chez Orange Business Services.

2 - Taille de l'entreprise : le centrex ne vise que les PME

Contraints par leur taille, les opérateurs historiques de centrex ne visent guère que les PME voire les TPE. « Celles de plus 20 postes ayant l'habitude d'avoir un installateur, se tournent plus volontiers vers un IP-PBX », estime Céline Lazard, directrice marketing de Keyyo Business. Quant à SFR, Bouygues Telecom et Orange, ils ne visent guère plus haut, invoquant la culture des grands comptes mais aussi leurs besoins d'intégration avec les applications existantes. « Nous ciblons les PME de 10 à 50 salariés, même si nous avons une demande de la part de quelques grands comptes très décentralisés », affirme ainsi Pierre-Yves Rallet, directeur marketing de SFR Entreprises.

3 - Maîtrise des coûts : le centrex en principe plus transparent

En dessous d'une dizaine de postes, le coût global d'une offre de centrex est intéressant, soit 15 à 40 € par poste et par mois, selon les services et les communications incluses. Au-delà, ce coût rejoint voire dépasse celui d'un IP-PBX. Faute de pouvoir évoquer une économie, les prestataires mettent en avant la maîtrise du budget. Mais cet avantage n'est pas si évident. « Avec un IP-PBX, il est également possible de réaliser un montage financier qui permet d'afficher un coût par poste et par mois », affirme Christophe Courtois, responsable solutions ToIP chez Nextiraone.

4 - Montée en charge : le centrex nourrit des craintes

En principe, une plate-forme mutualisée est plus à même de supporter une montée en charge. Mais à partir d'une certaine taille d'entreprise, le principe même du partage suscite des craintes. « Nous sommes près à nous engager sur des contrats de service de bout en bout », affirme pourtant Guillaume Boudin. Une solution rassurante peut consister à opter pour un IP-PBX dédié mais loué et hébergé au coeur du réseau de l'opérateur - en somme, un centrex dédié. Cette formule est d'ailleurs proposée par certains spécialistes du centrex.

5 - Fonctionnalités : une richesse sensiblement équivalente

Filtrage patron/secrétaire, annuaire, standard mutualisé entre tous les sites, appels en cascade ou musique personnalisée... Les centrex proposent une richesse fonctionnelle proche de celle des IP-PBX. Certains ajoutent également un serveur vocal interactif ou une fonction fax-to-mail (envoi de fax par email).

6 - Fixe/mobile : une convergence plus naturelle avec le centrex

Un service de centrex hébergé par un grand opérateur de téléphonie fixe et mobile est particulièrement bien armé pour proposer la convergence, avec numéro et messagerie uniques, sonnerie simultanée et renvoi d'appels vers le mobile. Le problème c'est que Orange a curieusement fait l'impasse sur une telle convergence. « Nous devrions la proposer début 2009 », promet Guillaume Boudin.

SFR, Bouygues Telecom, Ipnotic ou tout récemment IC Telecom ont pourtant déjà franchi le pas. D'autres se contentent de proposer des combinés bimodes Wi-Fi/GSM qui accèdent en réalité à deux lignes différentes. La convergence est beaucoup plus difficile avec un IP-PBX, puisqu'il faut mixer une option logicielle et des offres tarifaires spécifiques pour les communications générées entre l'IP-PBX et les mobiles.

7 - Intégration avec des applications internes : le centrex hors course

Il est aisé de coupler les services d'un IP-PBX avec des applications, typiquement un CRM, afin d'automatiser la remontée des fiches des clients ou de lancer des appels. Avec le centrex, un tel couplage est très difficile, excepté pour une simple intégration avec Outlook. Les prestataires proposent toutefois des logiciels hébergés en mode intranet bénéficiant d'un tel couplage. Il s'agit par exemple d'un annuaire étendu pouvant servir de base de clients ou d'une application de pilotage des fonctions de téléphonie.

8 - Déploiement et maintenance : avantage au centrex

Le centrex est simple à déployer puisqu'il suffit de raccorder le réseau IP de l'entreprise à l'infrastructure de l'opérateur et de connecter des postes au réseau local, même si leur configuration peut prendre du temps.

Outre la plate-forme, le déploiement d'un IP-PBX dans une entreprise multisite sous-tend une problématique de qualité de service du réseau WAN, qui peut se révéler lourde et coûteuse, surtout lorsque les sites sont nombreux et de petite taille.

Le centrex marque alors des points. Quant à la supervision et à la maintenance, elles sont certes externalisées mais peuvent aussi l'être avec un IP-PBX dédié et hébergé.

 

Par Thierry Lévy-Abégnoli, ZDNet France

Mardi 22 juillet 2008

Quels potentiels et quel devenir de la convergence Fixe-Mobile ?

 
A l'heure de la démocratisation des "box" Internet et du développement intensif des usages mobiles en indoor, les opérateurs souhaitent proposer de nouvelles offres convergentes. Panorama des technologies, usages, et modèles d'acteurs de la convergence Fixe-Mobile...
 

Lionel Obadia Directeur de projet, Niji (25/06/2008)

 
Concept connu depuis longtemps, la convergence Fixe-Mobile (CFM) aura cependant dû attendre longtemps avant de devenir une réalité. C'est en 2005 que l'opérateur British Telecom lançait la toute première offre commerciale grand public ("Fusion"), officialisant le début d'une nouvelle (r)évolution : une rupture tarifaire, technologique et d'usages se généralisant progressivement à tous les acteurs télécom qui y voient un formidable relais de croissance.

Les principes « théoriques » de la CFM peuvent se résumer de façon très simple : permettre aux utilisateurs d'accéder à leurs services à tout moment, quel que soit le lieu, le terminal utilisé ou le réseau d'accès emprunté.

Ce vœu pieu aurait cependant des conséquences technico-économiques non négligeables - le rendant par la même utopique à court terme - puisqu'il nécessiterait :

    - Des terminaux multi-technologies,

    - Des réseaux d'accès supportant tous types de terminaux et de services,

    - Des réseaux cœur connectés à tous types de plates-formes de services,

    - Des plates-formes de services adaptant les contenus à tous types de terminaux,

    - Des systèmes d'information capables de tracer tous types d'usages et de les
      facturer de façon unifiée,

    - Des accords commerciaux entre tous les opérateurs de réseaux et de services

 
Pour cette raison, les opérateurs s'engageant sur le chemin de la convergence sont amenés à faire des choix stratégiques et technologiques déterminants, directement liés aux clients finaux qu'ils ciblent, aux services qu'ils veulent pouvoir délivrer, et aux investissements qu'ils sont prêts à réaliser.

Concrètement depuis 2005, la grande majorité des offres convergentes réutilise les points d'accès Internet disponibles (boxs, hotspots publics, etc.) comme tuyau d'accès aux services mobiles. Plus récemment, les opérateurs travaillent sur des points d'accès 3G domestiques connectés à Internet (ou "Femtocells").

Ces approches permettent aux opérateurs d'étendre/de densifier la couverture des services mobiles dans les zones indoor - habituellement peu perméables aux signaux GSM/3G - tout en libérant des ressources précieuses sur le réseau GSM/3G outdoor.

Au-delà des tuyaux d'accès aux services, l'opérateur doit mettre en œuvre de nouvelles passerelles spécifiques dans son réseau pour contrôler l'accès aux services depuis Internet. Différents types de passerelles réseau peuvent ainsi être déployées, offrant différents niveaux de convergence : de la convergence tarifaire, à la convergence des plates-formes de services et systèmes d'information, en passant par celles des réseaux d'accès et réseau cœur, autant de façons d'appréhender la convergence pour les opérateurs, mais avec un même objectif ultime : proposer des bundles de services fixes/mobiles, avec ou sans nomadisme/mobilité, et des offres d'abondance voix/data à tarifs préférentiels.
 

La convergence à différents niveaux, pour différents acteurs

•  La convergence à l'accès

Les architectures de convergence à l'accès (de types UMA ou Femtocell) sont coûteuses, mais s'intègrent relativement facilement dans les réseaux des opérateurs mobiles grâce à leurs interfaces 3GPP normalisées.

De plus, elles offrent la mobilité "sans couture" (ou Handover), permettant de conserver une communication en cours lorsque l'utilisateur sort de la zone couverte par le point d'accès sans fil et bascule sur le réseau mobile outdoor.

Pour l'utilisateur, la convergence à l'accès se traduit par l'adoption d'un nouveau terminal dual-mode GSM/WiFi qui utilise l'accès Internet en Wi-Fi pour ses services mobiles (ex : l'offre "UNIK" d'Orange), ou bien plus récemment d'une mini-antenne 3G domestique (appelées "Femtocell") à connecter sur une box, tout en conservant les terminaux mobiles actuels (ex : l'offre "airwave" de l'américain Sprint).

Ces architectures permettent aux opérateurs mobiles ou intégrés de proposer des bundles des services Multiple-play, ajoutant une ou plusieurs composantes mobiles aux offres Triple-play traditionnelles...les opérateurs fixes doivent quant à eux signer des accords commerciaux avec un opérateur mobile pour devenir opérateur mobile virtuel (MVNO).
 

•  La convergence au niveau des plates-formes de services

Pour tous les types d'opérateurs (fixes, mobiles, intégrés, VNO, alternatifs), une autre option d'évolution est possible pour réaliser la convergence, au niveau applicatif cette fois. Il s'agit de mettre en place des plates-formes de services multi-terminaux et d'installer des clients applicatifs dans les terminaux compatibles.

Le client applicatif du terminal (PC, Téléphone mobile, PDA communiquant, etc.) peut alors se connecter aux plates-formes de services, et permet à l'utilisateur de retrouver son environnement et ses services dès qu'un point d'accès est disponible. Pour gérer le Handover, il est cependant nécessaire de supporter des piles de protocoles supplémentaires de type 3GPP (GTP, IMS/VCC), IETF (MIP, HMIP, etc.), IEEE (802.21), etc.

La technologie d'accès empruntée pour la connexion aux PFS est théoriquement transparente vue du réseau de l'opérateur. Dans la réalité, l'expérience utilisateur peut être très variable puisque la qualité de service bout en bout n'est pas sous contrôle total de l'opérateur de service, mais dépend fortement du réseau d'accès emprunté, du terminal utilisé, etc.

Cette convergence applicative repose sur la mise en place d'une architecture de contrôle qui peut être réalisée de façon simple et économique pour des services convergents "basiques", mais peu flexible pour l'introduction de services supplémentaires (architectures SIP, MGCP, Jabber/XMPP, IRC). A l'opposé, des architectures plus complexes mais plus coûteuses arrivent aujourd'hui à maturité (IMS), et permettent un déploiement rapide de nouveaux services en mode "plug & play" une fois l'architecture de contrôle mise en place.

Pour l'utilisateur, la convergence au niveau des plates-formes de services se traduit par l'adoption d'un terminal multi-technologies (souvent GSM/WiFi), sur lequel un client applicatif doit être installé (ou pré-installé par l'opérateur), et gère la connexion et l'authentification aux plates-formes de services et la mobilité.

La convergence applicative est souvent celle choisie par les acteurs de l'Instant Messaging et de la téléphonie logicielle (MSN, Yahoo!, AOL, Jabber, Google, Skype, Wengo, CounterPath, etc.) et par les opérateurs qui proposent des offres de téléphonie IP sur WiFi (Neuf Telecom, Free, etc.).
 

La convergence des systèmes d'information et de facturation

Elle s'adresse aux opérateurs intégrés, proposant à la fois des services fixes et mobiles. Elle ne permet pas de proposer de nouveaux services aux utilisateurs finaux,  mais simplement de présenter une seule facture pour tous les usages. C'est le niveau de convergence le plus simple à priori, et qui ne nécessite pas de nouvelles architectures réseaux ou terminaux. En revanche des évolutions des systèmes d'information et de facturation sont souvent nécessaires, et peuvent parfois s'avérer lourdes et coûteuses, en fonction des topologies de réseau déjà en place.

Ces différents niveaux de convergence sont indépendants les uns des autres, et peuvent se superposer pour atteindre une convergence plus aboutie. Un opérateur fixe pourra par exemple adopter la stratégie suivante :

    - Convergence au niveau applicatif: déploiement de plates-formes SIP/IMS,
       permettant de proposer des services de téléphonie IP sur terminal Wi-Fi,

    - Transformation en MVNO: l'opérateur propose des forfaits mobiles (cartes
       SIM) sur un réseau partenaire, et de nouveaux terminaux dual-mode GSM/Wi-Fi,

    - Convergence tarifaire: l'opérateur propose une convergence des plates-formes
       de facturation qui permettra de présenter une seule facture à l'abonné pour
       toutes ses communications (internet, téléphonie IP, téléphonie mobile),

    - Mobilité sans couture: déploiement de plates-formes de gestion de mobilité
       et logiciels applicatifs mobiles pour gérer la mobilité.

 
Dans sa stratégie globale d'évolution vers la convergence, l'opérateur devra cependant éviter certains écueils constituant de véritables freins à la démocratisation de nouveaux services :

    - Communiquer de façon simple, concise et claire vers les cibles,

    - Proposer des forfaits services transparents et simples à comprendre,

    - Simplifier à l'extrême le parcours client,

    - Limiter au maximum le renouvellement d'équipements des abonnés (terminaux,
       points d'accès),

    - Proposer des configurations automatiques (pre-provisioning, provisioning Over
      The Air, etc.) des terminaux et points d'accès,

    - Simplifier au maximum les menus des services et applications,

    - Présenter une facturation claire et détaillée.

 
Et demain, quelles perspectives pour la convergence ?

Coté standardisation, les prochaines évolutions pourraient apporter de nouvelles solutions pour la CFM, puisque les principaux organismes radio et télécom planchent sur les architectures et protocoles pour la gestion de mobilité inter-systèmes ou sur la montée en débit de l'interface air (3GPP, IEEE, etc.), mais également sur les systèmes Femtocell (FemtoForum, 3GPP). Le 3GPP vient en effet d'entériner les principes de base de l'interface " Iu-h" qui reliera la Femtocell et le contrôleur d'antenne coté réseau opérateur sous le nom de "Iu-h", et basée sur un mix des principes de la 3G et de l'UMA.

En parallèle, de nombreux industriels se regroupent sous forme de consortium pour promouvoir leur technologie haut débit convergente (UMAC, FMCA, HGI, etc.). Les prochaines années devraient donc être très propices à la CFM, avec notamment le déploiement de nombreux réseaux SIP/IMS, de réseaux Femtocell, et de la progression de la mobilité sans couture.

Coté service, le nouveau contexte de mobilité qu'apporteront les systèmes de demain devraient permettre le développement de nouvelles applications convergentes dans différents secteurs, permettant aux utilisateurs finaux d'être connectés à leur service en permanence, et d'interagir entre eux ou avec des machines distantes :

    - domotique / surveillance

    - instant messaging

    - géolocalisation

    - etc.

 
L'Eldorado convergent est donc encore devant nous, et de belles surprises pourraient voir le jour dans les années à venir... à suivre.

 
 
Lexique :

    - 3GPP (Third Generation Partnership Projet) :groupe de normalisation
       international pour la spécification des normes de téléphonie de 3ème
       génération (3G) telle que l'UMTS

    - CFM: Convergence Fixe-Mobile
      (Request For Comments) qui sont à l'origine des standards de l'Internet

    - GAN (Generic Access Network): Version 3GPP de l'UMA, adoptée dans la
      Release 6
      (Request For Comments) qui sont à l'origine des standards de l'Internet

    - GTP (GPRS Tunneling Protocol): protocole de tunnelisation standardisé au 3GPP

    - IMS (IP multimedia subsystem) : sous système de fusion de l'Internet avec
       les réseaux cellulaires et fixes pour la fourniture de services multimédia convergent

    - MVNO(Mobile Virtual Network Operator): Opérateur mobile virtuel

    - SFM: Substitution Fixe-Mobile

    - SIP (Session Initiation Protocol) : protocole de signalisation normalisé par
       l'IETF choisi par le 3GPP pour l'IMS

    - UMA (Unlicensed Mobile Access) : Architecture de réseaux d'accès définie par
       la start-up Californienne Kineto Wireless, et proposée au sein de l'UMAC

    - UMAC (UMA Consortium) :Consortium de constructeurs et opérateurs Télécom
       pour la promotion de la technologie UMA

    - VCC: Voice Call Continuity (évolutions de l'IMS 3GPP pour la gestion de mobilité)

Lundi 28 avril 2008

L'IPBX, au centre de la convergence IP

 
Appliance aux multiples noms, l'IPBX demeure l'outil de communication privilégié des entreprises. Les différents acteurs du marché pourraient s'unir avec des standards communs.

Guillaume Serries, Journal du Net

 
L'IPBX, qu'est-ce que c'est ?

L'IPBX (Internet Protocol Private Branch eXchange) est un des noms d'une appliance qui permet à une entreprise d'acheminer tout ou partie de ses communications (voix et data) en utilisant le protocole Internet (IP), en interne sur le réseau local ou le réseau étendu de l'entreprise. Ce commutateur prend parfois le nom de PABX IP (Private Automatic Branch eXchange IP), voire de PBX IP.

 
Pourquoi utilise-t-on aussi le terme PABX IP ?

Les premiers autocommutateurs utilisés dans les entreprises pour gérer les communications téléphoniques se nomment des PABX (que l'on nomme aussi parfois PBX). Par la suite, avec l'arrivée de la technique IP, les PABX qui fonctionnent avec de l'analogique et du numérique se sont vus adjoindre des modules permettant de gérer aussi les communications IP. D'où le terme de PABX IB pour les appareils les plus récents. Par ailleurs, les PABX IP supportent les mêmes services que ceux offerts par les PABX traditionnels. Le nombre de services peut varier de 50 à 500 en fonction du produit et de la marque.

 
Quels sont les différents systèmes de IPBX ?

On trouve deux systèmes différents. D'une part les systèmes qui fonctionnent totalement sur IP, et sur lesquels on peut raccorder directement des téléphones IP et des téléphones analogiques via des passerelles. D'autre part, des systèmes hybrides, c'est-à-dire numériques et IP, qui permettent de tirer profit des deux technologies, tout en ménageant les équipements numériques.

En plus des services classiques du PBX, l'IPBX permet d'adjoindre au réseau téléphonique de l'entreprise des téléphones IP

 
Quelles utilisations pour l'IPBX ?

En plus des services classiques du PBX, l'IPBX permet d'adjoindre au réseau téléphonique de l'entreprise des téléphones IP, fixes et portables (en Wi-Fi), ou encore des PC équipés de logiciels VoIP de type Skype, appelés soft phone. Par ailleurs, les services de messagerie collaborative, d'agendas partagés, c'est-à-dire l'ensemble des services que l'on regroupe sous le terme de communication unifiée, peuvent être gérés par des IPBX.

 
Les différents systèmes de IPBX sont-ils compatibles ?

Les marques ont souvent utilisé des protocoles différents, et l'existence de standards a souvent été négligée par les constructeurs. Cependant, les normes SIP (Session Initiation Protocol), ou encore eXtensible Messaging and Presence Protocol (XMPP) se répandent de plus en plus.

 
Qui sont les acteurs de ce marché ?

Les principaux acteurs traditionnels de ce marché sont Avaya, Siemens AG, Nortel, Cisco System, Alcatel-Lucent, NEC, ou encore Aastra.

Mais des poids lourds de l'industrie des logiciels, tels IBM et Microsoft, développent des solutions de téléphonie sur IP, et y ajoutent des innovations qui permettent d'intégrer des services multimédias sur le poste de travail, comme la messagerie instantanée par exemple. Dès lors, le concept de téléphonie sur IP s'efface au profit de la "communication unifiée".

Ces systèmes permettent en plus de l'utilisation d'un PABX, de faire fonctionner des appels de visioconférence, des services de travail collaboratif, mais aussi la personnalisation des règles de joignabilité. Bref, les acteurs traditionnel du secteur des télécommunications risquent de voir leur marché menacé par les éditeurs de logiciels qui grâce à l'arrivée de l'Internet et de l'IP, peuvent présenter des produits virtuels très intéressants.

 
Qu'est-ce qu'un PCBX ?

Un PCBX est un IPBX basé directement sur un ordinateur, qui utilise un logiciel de distribution et de gestion des communications. C'est un équipement plus léger et moins onéreux que les IPBX, mais ses performances sont aussi d'une qualité moindre.

Jeudi 17 avril 2008

Voix sur IP : les 5 menaces qui pèsent
sur votre réseau

 
La convergence voix-données hérite des vulnérabilités de la téléphonie traditionnelle comme de celles des cœurs de réseau. Revue de détail des risques et des méthodes de protection.

Stéphane Bellec et Jérôme Desvouges , 01 Informatique (n° 1941), le 16/04/2008 à 07h00

 
L'homme en bleu de travail se présente à l'accueil, sac de cuir en bandoulière, cigarette au coin des lèvres et casquette sur le sommet du crâne. Tout le monde le sait, ce faux plombier va, en fait, brancher un système d'écoute sur le central téléphonique... Aujourd'hui, la voix sur IP (VoIP) a quelque peu changé la donne. Plus besoin d'intervention physique. Certes, les PABX (Private Automatic Branch eXchange) traditionnels pouvaient être attaqués de l'extérieur via les modules de prise en main à distance mis en place par l'installateur. Mais l'épine dorsale de l'entreprise, son réseau de données, n'était pas concernée.

En déployant une solution de VoIP, les entreprises ouvrent potentiellement une brèche dans leur système d'information. Toutes ne risquent pas la même chose. Un groupe pétrolier sera plus susceptible de subir une mise sur écoute. Un centre d'appel sera plus facilement sujet à une attaque par déni de service. D'origine externe ou interne, les grandes menaces sont au nombre de cinq. Un conseil simple et logique pour les nouveaux arrivants dans le monde de la téléphonie sur IP : appliquer peu ou prou les mêmes règles que pour la mise en place d'un cœur de réseau traditionnel. Et, avant tout, définir en amont une politique de sécurité censée remonter les risques qui concernent l'entreprise avant de décider d'un quelconque équipement ou d'une éventuelle architecture.
 

1. Le déni de service

C'est sûrement l'une des attaques les plus répandues. Comme pour un site internet, elle a pour but de rendre inopérant le système, ici le réseau téléphonique. La personne malveillante peut s'attaquer à l'IPBX en saturant le serveur. Une mauvaise mise en œuvre, par exemple, de la pile TCP-IP peut être fatale car elle favorise le « flooding ». Le serveur de communication ou encore la passerelle située entre le monde IP et le RTC (réseau téléphonique commuté) sont deux autres cibles. Une manière différente de lancer un déni de service est de s'attaquer directement au téléphone IP. Cette méthode est totalement nouvelle puisque dans une architecture traditionnelle les téléphones dénués d'intelligence ne pouvaient pas servir de cibles. Les experts, pour qui cette attaque est assez facile à réaliser, estiment qu'il ne faut pas omettre de sécuriser le lien entre le terminal et l'IPBX, particulièrement lorsqu'on procède aux actions d'enregistrement du premier sur le dernier.
 

2. La fraude téléphonique

Il s'agit de prendre la main sur l'IPBX et de le transformer, par exemple, en cabine téléphonique sauvage à l'aide de laquelle on va pouvoir passer des appels aux frais de l'entreprise. « Le moyen le plus simple et efficace est d'exploiter les services actifs dédiés à l'administration des équipements comme Telnet ou SSH. Ces services permettent de voir s'il existe un compte trivial - un compte préconfiguré par le constructeur - conservé sur l'équipement. On trouve notamment sur internet des listes de comptes par défaut des constructeurs », explique Pierre Texier, consultant en sécurité informatique au sein du cabinet Lexsi. Ce qui change, c'est que désormais l'attaque peut également venir de l'extérieur. Il suffit de modifier son identité en vue d'une manipulation des flux de signalisation. La simplicité qui semble prévaloir pour mener ce type d'attaque peut surprendre. « Il suffit de passer un peu de temps sur internet et de posséder un PC connecté au réseau pour mener à bien une fraude », explique encore Pierre Texier. Afin de parer à ce genre de détournement, on trouvera notamment des acteurs comme Checkphone, Nortel, Alcatel-Lucent et Aastra Matra, dont les solutions, se positionnant directement sur le lien T2, filtrent les appels entrants et sortants. Autre moyen : installer un pare-feu spécifiant des règles appliquées aux communications.
 

3. L'écoute

Comme la fraude, l'écoute est très simple à réaliser, d'après les consultants en sécurité. Encore une fois, quelques heures passées sur la toile suffisent au néophyte pour obtenir le mode d'emploi du parfait « plombier » sur IP. Que l'intention soit de prêter une oreille attentive aux échanges d'un poste particulier vers l'extérieur, aux conversations entre des postes internes bien identifiés ou encore d'explorer les messageries vocales...

Afin de s'en prémunir, la principale défense consiste à procéder au chiffrement des conversations en utilisant SRTP (Secure Real Time Protocol), élaboré sur un algorithme AES. Ce dernier, proposant des clés de 128, 192 ou 256 bits, n'a effectivement toujours pas pu être cassé. « Une des méthodes pour protéger un téléphone de l'écoute peut consister à programmer un réadressage IP automatique régulier pour chaque terminal », explique Pierre Demoutiez, expert en télécommunications de l'entreprise Metassistance. Mais il arrive parfois, alors que le périmètre de sûreté a bien été validé, que certains trous de sécurité viennent s'intercaler à posteriori. Par exemple, pour des raisons légales, des entreprises telles que les compagnies d'assurances sont tenues d'enregistrer toutes les conversations de leurs téléopérateurs. Et, si l'ensemble du flux a effectivement été soumis à un algorithme de chiffrement, le nouveau trajet jusqu'à l'enregistreur est en clair si le logiciel d'enregistrement n'intègre pas de procédure cryptographique.
 

4. L'accès au système d'information

Les IPBX d'entreprise, au même titre que les postes clients équipés de logiciels de type Skype, doivent toujours être ouverts afin de recevoir les appels. Cela signifie que n'importe qui peut leur envoyer des messages. Le destinataire est alors totalement dépendant de l'intégrité du logiciel de VoIP, et de sa capacité à prévenir les attaques et à les empêcher de pénétrer dans le système d'information. Les conditions de base sont donc : bien segmenter chaque réseau par des réseaux virtuels, filtrer correctement et, ensuite, veiller à une bonne application des règles. On peut aussi ajouter un contrôle d'intégrité physique du poste (numéro de série, adresse MAC, etc.).

Si les trois menaces précédentes ont déjà une histoire, celle-ci est nouvelle et ne concerne plus uniquement le réseau téléphonique. C'est une des problématiques à l'origine du besoin d'impliquer la direction informatique dans le pilotage des déploiements VoIP. En effet, certaines entreprises avaient, en toute logique, confié cette tâche au service déjà en charge du réseau téléphonique traditionnel. « Près de 80 % des entreprises qui sont venues nous consulter se sont retrouvées dans ce cas de figure. Nous les avons réorientées vers leur DSI ou leur RSSI pour réaffecter à ces derniers le pilotage du projet », reconnaît Pierre Texier.
 

5. Vishing et Spit

Le vishing (contraction de VoIP et de phishing) est une attaque qui consiste à mettre en place un système de serveurs composant de façon aléatoire des numéros. Lorsqu'une personne finit par décrocher, elle entend un message, laissé par un serveur vocal se faisant passer, par exemple, pour un établissement financier et l'informant d'opérations débitrices inhabituelles. Un service comptabilité, par exemple, utilisant un service d'e‑banking pourrait ainsi délivrer des informations confidentielles en toute innocence.

Le spit (Spam Over Internet Telephony), lui, représenterait déjà 40 % des appels pour certains éditeurs du monde de la sécurité, quand d'autres nient son existence. Les experts, quant à eux, s'accordent à dire qu'il compte parmi les craintes les plus fortes. En effet la gratuité des appels et le lien entre le téléphone et internet simplifient la mise en place de robots d'appels. La différence avec le spam se situe surtout au niveau de l'identification de l'appelant, le numéro pouvant être masqué. Aujourd'hui, les procédures pour remonter à la source passent par une commission rogatoire très longue. On peut sans peine imaginer l'énorme confusion que le Spit pourra générer. D'autant que, dans ce cas précis, les opérateurs seront obligés d'assumer leur part de responsabilité. S'ils ont pu, jusqu'ici, se défausser en se reposant sur des solutions d'éditeurs tiers installées chez le client, ils devront traiter le cas du spit sur leurs propres systèmes.
 

Conclusion

Il est très difficile d'avoir une idée du nombre d'entreprises victimes d'attaques, et de connaître le type d'agressions le plus pratiqué. De même qu'il n'est pas aisé de distinguer la menace réelle de celle du « marketing de la peur », intelligemment véhiculé par les éditeurs du monde de la sécurité. Les recommandations du cabinet Ovum tiennent alors du bon sens. Quel que soit le secteur, voix ou données, le cabinet d'études et de conseil enjoint l'entreprise à mettre en place une vraie politique de sécurité. Et à se doter de personnel formé et à s'équiper de produits certifiés comme ceux qui sont testés et approuvés par les Critères communs.
 

Représentation d'un réseau voix-données sécurisé

Cliquez ici pour agrandir l'image

 
Pour les routeurs, commutateurs et pare-feu s'applique une configuration spécifique à chaque plate-forme VoIP. Ici, le niveau de sécurité du réseau virtuel « serveur voix » peut encore être accentué en isolant chacun des composants.

Peter Cox, consultant en sécurité, récemment fondateur de la start up UM Labs

« Il est plus facile de lancer avec succès une attaque sur un système de VoIP »

« Contrairement aux autres applications IP, ces systèmes sont très récents. On ne bénéficie pas encore d'une expérience étendue dans la manière de les gérer et de les sécuriser. D'autant plus qu'il y a plusieurs cibles possibles pour un hacker. Il faut savoir que les pare-feu standards offrent une protection assez limitée. Bien souvent, ils ne gèrent pas les protocoles de VoIP. Ainsi, ils ne sont pas en mesure de détecter et contrer une attaque contre le protocole ou les applications. »

« La vraie question à se poser est : quel risque y a-t-il que mon réseau de VoIP soit attaqué ? »

« Etant donné le nombre élevé de menaces potentielles, le nombre de cibles possibles dans l'architecture et le risque financier, je crois que la réalité est démontrée et que chaque organisation qui déploie la voix sur IP devrait déployer la sécurité qui va avec. »

Pierre Demoutiez (Metassistance et Aastra Matra) : « les informaticiens ont un discours alarmiste »

« Les informaticiens sont, depuis toujours, préoccupés par leur réseau et le moyen de le protéger. Pas les gens du monde de la téléphonie. Dans les déploiements que l'on réalise, on se rend compte qu'au moins 85 % des mots de passe protégeant les PBX sont fournis par les constructeurs. IP apparaît comme un monde plus compliqué aux yeux des personnes responsables de la téléphonie. C'est en partie à cause du discours alarmiste des informaticiens qui ont peur de tout. Je ne dis pas que les dangers n'existent pas, mais ils ne sont pas forcément aussi nombreux qu'on veut nous le faire croire. De plus, on parle de dangers mais on ne précise pas assez souvent qu'ils viennent en général de l'intérieur. Je ne suis pas convaincu qu'il faut des pré-requis spéciaux pour sécuriser la voix. »

Franck Moussé (compagnie d'assurances Dexia Sofaxis) : « le déni de service était la menace la plus gênante »

« La sécurité était un facteur important dans le choix de notre plate-forme. Or nous avons beaucoup plus confiance en l'environnement Linux pour la sécurité et la robustesse. Nous avons finalement choisi la solution IBM. Nos deux parcs de 400 PC et de 400 téléphones sont chacun à l'intérieur d'un réseau virtuel dédié. Au préalable, nous avons pris le temps de savoir quelles étaient les menaces qui nous concernaient. Nous avons pris nos dispositions en termes de haute disponibilité. Si nous avons bien étudié le fait d'isoler notre cœur de réseau, nous avons aussi veillé à une redondance de notre réseau téléphonique, le déni de service étant la menace la plus gênante pour notre activité. Depuis que le réseau a été déployé il y a trois ans, nous n'avons subi aucune attaque. Nous allons cependant procéder très prochainement à un audit interne. »
 

Les éléments indispensables pour vous protéger

Cliquez ici pour agrandir l'image

 

MAG Consultants

MAG Consultants

  Tél./Fax : 09 54 56 00 34

   mag.consultants@free.fr

Présentation

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés