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Marc GAUBERT a créé MAG Consultants en 2005 pour apporter une réponse objective aux projets télécom des Entreprises et des Collectivités Locales.


Marc GAUBERT

Au cours de ses 30 ans d'expérience en Entreprises, Marc GAUBERT a dirigé des équipes commerciales et réalisé des solutions concrètes d'exploitation et de développement.

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Jeudi 28 mai 2009

ToIP : les entreprises veulent qualité de service et facturation claire


  Avis d'expert - En entreprise l’adoption de la téléphonie sur IP s’opère selon un rythme progressif imposé par des cycles technologiques. Dans une lettre de l’Arcep, Air Liquide et PSA Peugeot Citroën s’expriment sur leur migration.

 
L'Autorité de régulation des télécommunications (Arcep) consacre sa
lettre d'information de mars/avril au marché de la téléphonie et de la voix sur IP en entreprise. L'Arcep constate notamment une lenteur dans le basculement vers le tout-IP par rapport au grand public. Une migration à vitesse modérée qu'elle explique par les cycles technologiques régissant la vie de l'entreprise, dont la durée de vie des PABX, en moyenne de 5 à 7 ans.

Les incertitudes de l'IP, en termes de continuité de service notamment, sont un autre des freins à l'adoption de ces technologies de téléphonie. Les autocommunateurs (ou les architectures hybrides) devraient donc encore se maintenir en entreprise. Selon l'Arcep, le RNIS représente ainsi une corde de rappel amenée à subsister jusqu'à ce que les services de la téléphonie classique puissent être répliqués, à qualité de service équivalente, sur l'IP.

« Le retour sur investissement de cinq ans nous pousse à la prudence »

Quant au déclencheur des projets en matière de ToIP, il s'agit le plus souvent d'une volonté de diminuer les dépenses en télécommunications (via des IP-PBX ou des
services externalisés d'IP Centrex). Néanmoins, l'Arcep estime que le retour sur investissement de ces déploiements demeure encore complexe à quantifier.

Plusieurs grandes entreprises ont cependant déjà sauté le pas en France. C'est par exemple le cas d'Air Liquide pour qui les télécoms représentent chaque année environ 50 millions d'euros de budget (50% en données et 50% en voix). De plus, le groupe enregistre chaque année une croissance de ces volumes data et voix de 5 à 10%.

Pour accompagner cette croissance, Air Liquide est passé d'un modèle de gestion décentralisée au niveau des filiales (130 dans le monde) à une concentration progressive des centres de données et d'unification des solutions (réseau, messagerie, nomadisme).

« La mutualisation des moyens et la franchisation des services télécoms nous permet aujourd'hui d'accélérer les process métiers, et in fine l'accès au marché. La maîtrise des coûts à l'échelle du groupe est, elle, étroitement liée à la maîtrise des usages » explique Sylvain Roué, directeur réseaux et télécommunications d'Air Liquide.

« Les prix du roaming voix et data sont peu compréhensibles »

Du fait de la convergence des technologies, la multinationale entend basculer intégralement sur l'IP, de manière progressive cependant, selon un rythme de 5 à 7 ans. La migration n'est en effet pas sans poser certaines difficultés. Outre le virage vers un nouveau modèle d'organisation centralisée, Air Liquide doit composer avec la contrainte financière.

« Il faut un investissement minimum de départ : cela nécessite d'acquérir en central des équipements ToIP, d'investir dans le recâblage de certains sites vieillissants - la voix ne tolère pas les vieux câbles IP ! Au final, le retour sur investissement de cinq ans nous pousse à la prudence, et fixe les limites du modèle tout global » avertit Sylvain Roué.

Franck Cohet, responsable télécommunications, réseaux, voix et données pour PSA Peugeot Citroën relève lui un autre frein en France : la haute disponibilité. « La raison n'en incombe pas aux SLA mais à des difficultés techniques comme l'identification, sur la durée, des cheminements des liaisons opérateurs pour éviter les SPOF (point individuel de défaillance), ou celle de trouver des alternatives d'un rapport qualité/coût comparable à la passerelle X25, comme par exemple des réseaux privés virtuels (VPN) multi-opérateurs » constate-t-il.

Une entreprise présente à l'internationale se heurte à une deuxième difficulté : la complexité et l'hétérogénéité des facturations. « Les prix du roaming voix et data sont peu compréhensibles pour un trans-frontalier et le
Wi-Fi ne constitue pas encore une alternative facile. Il est tout aussi surprenant de constater des prix de boucles locales équivalents à ceux des liaisons intercontinentales associées » ajoute Franck Cohet dans la lettre de l'Arcep.

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